« Il est temps de vivre la vie que tu t'es imaginée. »

—Henry James

 
   

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Historique - Un souvenir, un devenir

Le Centre des femmes La Parolière est né à la suite de la demande de femmes vivant des problèmes multiples et ayant besoin de services polyvalents. Incorporé en 1987, l’organisme se dote d’une structure autonome pour devenir un service polyvalent d’accueil, de références et d’autoformation pour les femmes de Sherbrooke et la région, en plus d’entreprendre toutes actions propres à améliorer la condition féminine. En juin 1989, un conseil d’administration provisoire est chargé d’établir les orientations. Un concours est lancé parmi les utilisatrices pour trouver un nom. Le 23 octobre 1989, lors d’une assemblée générale spéciale, les membres présentes donnent leur accord aux orientations du Centre et adoptent la dénomination sociale : Centre des femmes La Parolière inc.

Les années 1990

En juillet 1990, les femmes expriment depuis longtemps le besoin d’avoir un lieu de rencontre où elles peuvent venir sans rendez-vous. Afin de se procurer un espace approprié, La Parolière se retrouve au 1590, rue Dunant pour offrir un lieu d’accueil et d’appartenance baptisé par les femmes L’informel. Dès septembre, les intervenantes et les participantes peuvent donc actualiser le projet de réseau d’entraidantes qui germait depuis quelques années.

Cette même année, deux nouveaux ateliers sont créés : Des mots pour me dire et Aimer au quotidien.

En 1991-1992, le Centre subit un dur coup financier. En effet, la Commission scolaire décide de ne plus soutenir les ateliers alors que ce service répond à un réel besoin puisque c’est celui qui attire le plus de femmes et que plusieurs d’entre elles vivent sous le seuil de pauvreté. Comment sauver ce service qui fait la caractéristique et la réputation du Centre? Le C.A. n’a d’autres choix que de fixer une échelle de frais de participation selon le revenu de chacune et les animatrices acceptent même de travailler à un tarif réduit de 40 %.

Qu’à cela ne tienne, les femmes, les intervenantes et les participantes sont profondément engagées dans la vie de « leur » centre et les projets continuent quand même à se multiplier.

Un nouvel atelier est créé : Grandir après une rupture. La formule des groupes de soutien est entièrement réévaluée pour être mieux adaptée aux besoins des femmes. Le réseau des entraidantes prend de l’ampleur et une formation est offerte tout au long de l’année.

Pour 1992-1993, le projet de formation à l’entraide dans les groupes de soutien s’inscrit dans la suite de ce processus. En septembre, le C.A. s’est fixé trois priorités pour l’année : effectuer avec les femmes une réflexion en profondeur sur l’autonomie afin d’ajuster les structures aux besoins qui émergent dans ce sens, augmenter davantage la visibilité de La Parolière et chercher un mode de financement récurrent. Cette dernière priorité est intimement liée à la survie du Centre qui se voit de plus en plus menacée. Les entrées de fonds se font de plus en plus difficilement et l’énergie des femmes, malgré leur engagement, n’est pas inépuisable!

En 1993, le Centre emménage au 217, rue Belvédère Nord, à proximité du centre-ville afin de répondre aux besoins d’un plus grand nombre de participantes. En louant leur propriété au Centre, les Filles de la Charité-du-Sacré-Cœur-de-Jésus perpétuent la tradition d’accueillir dans cette maison des œuvres humanitaires pour aider les jeunes filles et les femmes.

De nouveaux ateliers voient le jour : Me découvrir I et II, Mère un jour, mère toujours, Apprivoiser le changement, Découvrir la petite fille en moi, La femme et le plaisir.

L’année 1994-1995 a montré un signe encourageant au sujet des participantes avec l’arrivée d’un plus grand nombre de jeunes femmes qui viennent profiter des services. Les statistiques montrent une augmentation au plan de la participation aux activités : 3450 présences comparativement à 2739 pour l’année précédente.

Le premier Rendez-vous doux a lieu : rencontre amicale dont l’objectif est de faire connaître la nouvelle programmation dès septembre (90 femmes y participent).

Cinq nouveaux ateliers s’ajoutent à la programmation : Sur la route de mes rêves, Comment pardonner, Danser ma vie et Le rire, une affaire sérieuse. Deux comités permanents voient le jour : publicité et financement.

Durant toute l’année, l’accent est mis sur la qualité des relations et des communications : climat de confiance, communication franche et vision commune afin de travailler dans la même direction. En 1995-1996, la représentation du Centre à diverses tables régionales est accentuée. On note une augmentation de participation de 13,25 % dans la plupart des services par rapport à l’année précédente.

Grâce à l’obtention d’une subvention fédérale de 13 000 $, un nouveau projet voit le jour : Projet de prévention pour contrer la violence faite aux filles et aux femmes.

En 1996-1997, le Centre se donne plusieurs nouveaux outils de gestion : politique sur la confidentialité, nouvel organigramme, guide d’éthique, questionnaire pour l’évaluation des relations humaines et la circulation de l’information.

À l’intérieur de ses services, le Centre cherche à répondre à de nouveaux besoins : détresse psychologique, pauvreté accrue, perte d’emploi, tendance suicidaire, phénomène de violence, etc. Ces diverses situations vécues par les participantes entraînent souvent des difficultés dans la poursuite d’une démarche de croissance.

La nouvelle baisse de participation dans les ateliers et le groupe de soutien démontre que les femmes s’isolent dans leur pauvreté et les problèmes qui en découlent. C’est ce qui est ressorti d’une réflexion à ce sujet, puisque, selon l’évaluation des participantes, le taux de satisfaction par rapport aux activités est très élevé. Un fait marquant : la hausse des appels téléphoniques au sujet du manque d’emploi (30 appels de plus que l’an dernier). Il est certain aussi que la participation financière qui est demandée aux femmes ne peut augmenter.

En 1997-1998, deux nouvelles activités prennent naissance : les cafés-rencontres et les ateliers de trois heures. L’objectif est d’offrir aux participantes des sources d’information utiles sur divers sujets, de même que des thèmes de réflexion en vue de susciter une amorce de démarche de croissance.

En février 1998, une réflexion est faite sur l’avenir du Centre par toutes les femmes engagées dans l’organisme (C.A., personnel et bénévoles). Il s’agit de faire le bilan après plusieurs années d’existence et de regarder ce que nous voulons devenir. L’objectif ultime à atteindre en 2003 est : « Devenir la ressource incontournable pour les femmes de la MRC de Sherbrooke ».

En outre, une forte augmentation des heures de bénévolat, surtout pour les rénovations du salon et de la salle de séjour est notée. Après l’obtention d’un don de peinture, plusieurs autres pièces sont également rafraîchies.

Des démarches sont entreprises pour changer le logo du Centre. En effet, il apparaît évident que «le parolier», qui a été à l’origine signifiant pour les femmes, ne l’est plus autant. Le logo illustré ci-dessous est maintenant utilisé.

Une nouvelle orientation du Centre s’est dessinée à travers le plan d’action quinquennal. L’année 1999-2000 est donc axée sur un désir d’aller vers les femmes. Cette option se concrétise par l’obtention d’une subvention du Fonds de lutte à la pauvreté par la réinsertion au travail de 33 531 $ pour un an. Des activités éducatives sont offertes dans des municipalités de notre territoire qui sont plus éloignées de la ville centre : Bromptonville, Deauville, Saint-Élie-d’Orford et Rock Forest.

Depuis le retrait des groupes de soutien de la programmation en 1998, des accompagnatrices bénévoles trouvent qu’il manque une activité éducative afin d’aider les femmes qui ont déjà un certain cheminement à aller plus loin. Un nouveau groupe thématique est mis sur pied : Changer en douceur. L’automne 1999 voit donc un premier groupe vivre cette nouvelle expérience qui s’avère concluante, c’est-à-dire qu’elle répond à un besoin des femmes de changer, mais en douceur.

Les années 2000

Le début de l’an 2000 est marqué par la rédaction d’un plan de communication. Le Centre pourra se faire connaître dans des réseaux importants tels que policiers et policières, associations d’étudiantes, associations de femmes, députées, conseils municipaux, etc. Enfin, la révision des conditions de travail des travailleuses s’effectue. Le document datant de 1990 est revu, corrigé et complété. Il est adopté et en essai pour un an le 8 mai 2000.

Afin de favoriser l’implication des participantes, plusieurs comités sont mis sur pied : mini-ateliers, journal, cafés-rencontres, fêtes sociales, solidarité, secrétariat, carte de membre, etc. Par ailleurs, à l’automne 2000, le Centre s’implique dans la Marche mondiale des femmes.

Au printemps 2001, un plan de mesures d’urgence est élaboré. En mai 2001, l’embauche d’une agente de communication, grâce à une deuxième subvention du Fonds de lutte à la pauvreté par la réinsertion au travail, permet la réalisation du plan de communication, laquelle donne le coup d’envoi à une très grande visibilité. Le bilan de l’année permet de constater une augmentation des demandes d’aide, ce qui entraîne la tenue de groupes supplémentaires et l’apparition de listes d’attente. En juin 2001, La Parolière accueille le Projet collectif mobilisateur contre la pauvreté des femmes afin de sensibiliser à la consommation responsable et aux alternatives viables.

À l’automne 2001, un comité est mis sur pied dans le but de produire un journal interne; quatre numéros paraissent chaque année. Un concours est lancé pour lui trouver un nom : PotentiELLES est retenu.

Après maintes et maintes démarches, le ministère de la Santé et des Services sociaux augmentent la subvention de base de 70 000 à 85 000 $. Par contre, à ce jour, la récurrence de cette somme n’a pas été confirmée.

Le réseau des bénévoles s’est par ailleurs élargi au fil des ans. Il compte maintenant toujours entre 45 et 50 bénévoles par année qui œuvrent dans 13 secteurs de bénévolat différents. La restructuration du réseau s’est avérée nécessaire en 2001-2002 afin d’améliorer la formation de base, la formation continue, le support, etc.

Du côté de la carte de membre, un besoin de promotion se fait sentir. C’est pourquoi un comité est créé en février 2002. Deux mois plus tard, la carte devient obligatoire pour utiliser les services de La Parolière, sauf pour le service d’accueil et les activités sociales. Dès lors, un plan promotionnel se réalise, avec deux principales actions : l’une s’exerce auprès des participantes, à l’interne, et l’autre, auprès de femmes professionnelles sympathisantes rejointes à l’extérieur du Centre, et ce, dans différents milieux : politique, affaires, éducation et santé. Une nouvelle catégorie de membre est également instaurée, soit sympathisante au coût de 25 $, ce qui porte le nombre de catégories à trois.

Dans le cadre du bicentenaire de Sherbrooke, quatre projets ont été présentés et acceptés par Sherbrooke 2002 : Vive la Sherbrookoise et ses légendes! (annulé), le Mur des réussites (15 avril 2002), l’Exposition interactive Pars à la découverte! (12 au 30 septembre 2002) et le spectacle Compliquées, les femmes? Clémence DesRochers détrompe le mythe… avec vous! (22 novembre 2002).

L’obtention d’une troisième subvention du Fonds de lutte à la pauvreté par la réinsertion au travail, en 2002, a permis l’embauche d’une agente de relations humaines. La coordination et l’animation du réseau des bénévoles, la relation d’aide et l’animation du groupe d’entraide pour les femmes ayant vécu ou vivant de la violence conjugale font partie des responsabilités de l’agente.

Quant aux conditions de travail, elles ont été révisées – à la suite de l’adoption à l’essai pour un an en mai 2000 –, puis adoptées pour trois ans le 10 juin 2002.

L’organisation de rencontres entre femmes impliquées au Centre et participantes a toujours remporté un vif succès. Que ce soit à l’occasion des portes ouvertes, de Noël, de la fin de l’année ou autres, le nombre de participantes se maintient autour de 50, selon les années.

En 2003, l’évaluation du plan d’action quinquennal terminé permet d’affirmer que La Parolière est devenu LA ressource incontournable des femmes de la Ville de Sherbrooke. En conséquence, toutes les femmes impliquées au Centre participent à une réflexion en vue de la conception d’un nouveau plan d’action quinquennal 2003-2008; la visée commune : En 2008, le Centre des femmes La Parolière sera devenu une FORCE de changement social pour l’amélioration des conditions de vie des femmes.

Par ailleurs, deux nouvelles activités éducatives voient le jour : ateliers de créativité et groupe de partage; ces deux activités sont offertes gratuitement aux membres. Dans le but d’assurer la gratuité des ateliers de créativité, une vente de garage est organisée, laquelle rapporte 1 500 $.

Durant l’année, une bénévole s’affaire à ajuster la politique et les pratiques de gestion des conditions de travail selon la récente mise à jour de la Loi des normes du travail. Parallèlement, les politiques concernant les activités de financement spécifique et l’affichage, ainsi que le cadre de gestion des informations confidentielles sont adoptés, en plus de la politique au sujet du service d’aide individuelle qui est révisée.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux octroi un versement de 11 018 $, dont la récurrence n’est pas confirmée. Ce montant est le bienvenu, particulièrement depuis l’annonce, en juin 2003, de la vente de la maison par les propriétaires, les Filles de la Charité du Sacré-Cœur de Jésus.

Par conséquent, l’année 2004 en est une de grandes nouveautés. Les membres du conseil d’administration, les travailleuses et les bénévoles, après mûres réflexions, ont choisi d’acheter la maison du 217, rue Belvédère Nord; une entente officielle entre les deux organisations est signée en mai 2004. Cette décision entraîne la nécessité de trouver, d’une manière urgente, l’argent nécessaire pour la mise de fonds. C’est pourquoi un tout premier tournoi de golf est organisé, rapportant 7 000 $. De plus, la vente de garage est de retour, cette fois pour financer l’organisme en général, et non une activité spécifique; 2 510 $ est amassé.

Du reste, le comité des fêtes sociales dévoile les résultats de son sondage effectué auprès des participantes, des bénévoles et des travailleuses : quatre fêtes se démarquent, soit les fêtes de début et de fin d’année et la fête de Noël, qui sont déjà entrées dans les mœurs, et une rencontre interculturelle, qui est souhaitée. Alors, en avril, le Partage interculturel a lieu, au grand bonheur des quelque cinquante femmes présentes.

En juin, l’organigramme du Centre est révisé, puis adopté lors de l’Assemblée générale annuelle.

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